Elle repose sur trois piliers. 

♦ Sortir de ce qu’on croit encore vrai
(Avant que la réalité ne s’en charge)

♦ Traiter tôt ce qui coûtera cher si on l’ignore
(Avant que ça ne devienne critique)

♦ Faire des choix clairs
(Et assumer ce à quoi on renonce)

Le premier levier est souvent le plus difficile à gérer. 

Parce qu’il touche le coeur de l’entreprise : ses produits, ses méthodes, ses marchés, tout ce que l’on pense maîtriser. Et qui rassure.

Pourtant, beaucoup de décisions reposent sur des “vérités” supposées : ça tient, donc ça marche !

Et la plupart du temps, c’est (plutôt) vrai.

Jusqu’au moment où ça ne l’est plus tout à fait.

> Le monde bouge.

> On feint de l’ignorer.

> On continue de décider comme d’habitude.

Sortir de ce qu’on croit encore vrai n’est pas tout remettre en cause.

C’est accepter de tester ses certitudes. 

Quelques réflexes simples : 

> Questionner ce qui semble “évident” dans votre activité

> S’interroger sur quels équilibres repose votre performance et lesquels pourraient se fragiliser ?

> Identifier ce qui fonctionne aujourd’hui, mais pourrait ne plus suffire demain ?

> Affronter les sujets que vous évitez de remettre en question.

Pas pour douter de tout.

Il est préférable d’éviter de décider par habitude plutôt que par lucidité. 

Se tromper n’est pas le plus dangereux.
Avoir raison depuis trop longtemps, si.

Il y a un moment très particulier dans la vie d’un dirigeant. 

Un moment où il sait. 

Mais ne décide pas encore. 

♦ Rien n’est encore visible pour les autres.
♦ L’activité continue.
♦ Les équipes avancent. 

Mais lui, il voit. 

  • Il voit des équilibres qui se fragilisent.
  • La trésorerie qui se tend à bas bruit.
  • Des décisions trop longtemps repoussées.
  • Un modèle qui doit évoluer. 

Ce moment est silencieux. 

Rien n’oblige encore à agir.
Alors il attend. 

♦ Pour confirmer son intuition.
♦ Pour éviter une décision difficile.
♦ Parce que le quotidien prend le dessus. 

Pendant ce temps, les options se réduisent. 

Au début, tout est encore possible. Plusieurs options existent.
Puis il faut s’adapter, « essayer de faire avec ! »
Puis il faut réagir. Très vite dans l’impréparation. 

Et ce jour-là, il n’y a plus vraiment de choix. 

Anticiper, ce n’est pas prévoir. 

C’est décider à un moment précis, celui où l’on a encore de la liberté. 

Le dirigeant a souvent la lucidité nécessaire pour analyser une situation.
C’est le cadre pour transformer cette lucidité en décision qui lui fait défaut. 

Le vrai risque n’est pas de ne pas voir.
C’est de voir et de ne pas décider. 

Retarder une décision ne la rend pas plus facile. 

Elle la rend plus coûteuse. 

Une croissance mal maîtrisée fragilise
  • Nouveaux marchés.
  • Nouveaux clients.
  • Montée en puissance commerciale. 

Quand l’entreprise accélère, grandit, la théorie dit que “tout va bien” ! 

Pourtant, très vite, les sujets à enjeu apparaissent : 

  • La capacité à produire suit-elle ?
  • L’organisation est-elle prête à absorber la croissance ?
  • Les priorités stratégiques sont-elles bien définies ?
  • Et la trésorerie tiendra-t-elle le rythme ? 

Car la croissance ne se finance pas toute seule. Elle peut mobiliser du stock, des ressources supplémentaires, des délais de règlement clients plus longs. 

Elle pèse fortement sur le besoin en fonds de roulement. 

La croissance est d’abord une question d’équilibre. 

♦ Entre développement et exécution.
♦ Entre ambition et capacité réelle.
♦ Entre croissance et solidité financière. 

C’est souvent à ce moment-là que les décisions deviennent plus complexes. Et que la clarté est plus que jamais un levier stratégique. 

Il faut choisir, arbitrer (et donc renoncer) et aligner.

Dans ces phases d’accélération, quelques repères simples font la différence : 

Prioriser : tout ne peut pas être mené de front.
Aligner : le développement est basé sur la capacité réelle de l’entreprise.
Gérer : la trésorerie est un indicateur stratégique, pas seulement financier.

et parfois, Ralentir : c’est contre-intuitif, mais il faut lever le pied sur certains sujets moins prioritaires pour sécuriser l’ensemble 

♦ Une croissance mal maîtrisée fragilise. 

♦ Une croissance pilotée renforce. 

La croissance n’est pas une course débridée. C’est un équilibre à tenir dans la durée. 

Il y a quelques jours, j’ai fini de lire le livre de Gary Keller et de Jay Papasan “THE ONE THING, passez à l’essentiel ! Comment réussir tout ce que vous entreprenez”, présenté comme THE BOOK TO READ par tous les entrepreneurs et tous ceux qui aspirent à l’être.

 

« Quelle est la seule chose la plus importante que je puisse faire aujourd’hui pour que tout le reste devienne plus facile » ?. That is the question ?

 

L’idée est de se rapprocher, chaque jour un peu plus, du but ultime que l’on s’est fixé. Il s’agit de planifier à l’envers : je connais la destination et chaque jour j’exécute L’ESSENTIEL pour y parvenir. Et je ne dois faire que ça.

 

Il est recommandé que le but ultime soit extraordinaire. Nous ne devons jamais nous fixer de limite.

 

L’auteur aborde tous les aspects de la vie, le travail, la santé, les relations personnelles…, en soulignant toujours l’importance de déterminer LA PRIORITÉ dans chaque domaine.

 

Le livre donne nombre de conseils pratiques pour maximiser nos chances de réussite. Il parle, notamment, de la puissance de la concentration, des dangers de l’émiettement du temps, de la dispersion de l’énergie dans le multitâche.

 

À noter : la question de l’équilibre vie professionnelle / vie privée est très intéressante.

 

La partie 3 du livre a particulièrement retenu mon attention. Il traite du triptyque BUT, PRIORITÉ, PRODUCTIVITÉ.

 

Avoir un but indique une direction, il aiguise la motivation, il crée la meilleure condition pour la prise de décision quotidienne. C’est en sachant où je vais que je peux mieux décider au quotidien.

 

Les priorités impliquent de définir les actions clés qui participent à la réalisation des objectifs. J’évite l’éparpillement de mes ressources, je me concentre sur l’important, je règle les détails en chemin.

 

La productivité, c’est d’abord favoriser la concentration et éliminer les distractions. Son énergie et son temps sont optimisés, vous travaillez moins et mieux grâce à une foule de bonnes habitudes.

 

Bien entendu, le livre développe largement ces sujets et d’autres.

 

Pour être efficace, il ne faut pas être vague dans ses intentions. Il faut décider et agir.

 

Les trajectoires les plus courtes sont les plus directes.

Ça marche aussi dans l’autre sens !

Vivre sans but, c’est naviguer sans boussole OU pourquoi nous avons commencé et que voulons-nous faire de notre avenir ?

 

Pas de but, pas de stratégie !

 

Quelle que soit sa taille et quel que soit son stade de développement (la création, la croissance, la maturité, voire l’amorce du déclin), l’entreprise a besoin d’une stratégie et d’un plan d’action.

Mais avant la stratégie et le plan d’action, il y a le but !

 

Le but, c’est un défi que l’on se lance, c’est notre motivation, notre envie. Il indique une voie, un sens. Il peut porter notre différence, celle qui va nous distinguer de nos concurrents.

 

Entreprendre pour être libre, pour faire ses propres choix, travailler pour soi-même, est généralement le but avancé. C’était le mien.

 

Cependant, d’autres motivations existent :

L’innovation, faire autrement,

La fierté de créer une activité, des emplois, une marque,

La reconnaissance, de son entourage, de ses pairs, des médias,

La transmission, avoir reçu, puis donner,

La qualité, des produits, du management,

L’engagement pour une cause, sociale, environnementale,

Une mission que l’on se donne,

Le but est toujours singulier, pas toujours avoué. Le but n’est pas un objectif, L’objectif est le moyen d’atteindre le but.

Le but, c’est le moteur, c’est ce qui fait avancer, prendre des risques.

 

Il n’est pas forcément obligatoire pour entreprendre, mais quand arrivent les difficultés, les résultats décevants, les doutes, il sert à s’accrocher et à croire à une réussite.

 

Et même à soulever des montagnes. Dans son fameux livre » l’Alchimiste », l’écrivain brésilien, empreint de beaucoup de spiritualité, Paolo COELHO, écrit « quand tu veux quelque chose, tout l’univers conspire à te permettre de réaliser ton désir. »

 

Le but génère une forme de foi dans ce que l’on entreprend.

 

Le but n’est pas la stratégie. Mais le but sera conforté par la stratégie.

 

Décider les priorités, affecter les ressources, déterminer les objectifs à atteindre, ce sont les missions de la stratégie qui définissent ce que l’entreprise souhaite faire sur un temps de moyen / long terme.

 

Puis, il y a le passage à l’action. Il faut s’assurer que toutes les initiatives, toutes les microdécisions, vont dans le même sens, dans le sens voulu par le projet de l’entreprise.

 

Le but reste le point de départ. Il crée le mouvement. Il exige de piloter pour faire converger toutes nos forces en direction du futur auquel nous aspirons.

Ou comment imaginer un horizon, y croire et s’y tenir ?

Dans son livre « Être un dirigeant heureux. Prendre soin de soi et de ses collaborateurs ! », éditions Afnor, Pascale Richard décrit les 5 compétences à cultiver :

  1. Cultiver pleinement sa présence,
  2. Lâcher prise,
  3. Prendre en compte l’interdépendance,
  4. Agir en confiance dans l’incertitude,
  5. Assumer sa responsabilité d’acteur du monde.

𝐂’𝐞𝐬𝐭 𝐥’𝐢𝐦𝐩𝐨𝐫𝐭𝐚𝐧𝐜𝐞 𝐝’𝐚𝐠𝐢𝐫 𝐝𝐚𝐧𝐬 𝐥’𝐢𝐧𝐜𝐞𝐫𝐭𝐢𝐭𝐮𝐝𝐞 𝐞𝐧 𝐜𝐮𝐥𝐭𝐢𝐯𝐚𝐧𝐭 𝐥𝐚 𝐜𝐨𝐧𝐟𝐢𝐚𝐧𝐜𝐞 𝐪𝐮𝐞 𝐣𝐞 𝐫𝐞𝐭𝐢𝐞𝐧𝐬, 𝐝’𝐚𝐛𝐨𝐫𝐝.

S’adapter, saisir les opportunités, prendre des décisions audacieuses, autant d’actions qui permettent aux dirigeants de faire face à l’adversité avec optimisme.

Le dirigeant doit maintenir une vision claire de l’avenir de son entreprise et mobiliser son équipe, en communiquant, en inspirant la confiance.

𝐂𝐨𝐦𝐦𝐞𝐧𝐭 𝐢𝐦𝐚𝐠𝐢𝐧𝐞𝐫 𝐮𝐧 𝐡𝐨𝐫𝐢𝐳𝐨𝐧, 𝐲 𝐜𝐫𝐨𝐢𝐫𝐞 𝐞𝐭 𝐬’𝐲 𝐭𝐞𝐧𝐢𝐫 ?

Il faut savoir piloter dans un environnement complexe et se donner du temps pour se poser régulièrement et clarifier ses objectifs prioritaires.

𝐕𝐨𝐢𝐜𝐢 𝐪𝐮𝐞𝐥𝐪𝐮𝐞𝐬 𝐩𝐢𝐬𝐭𝐞𝐬 𝐩𝐨𝐮𝐫 𝐟𝐚𝐢𝐫𝐞 𝐟𝐫𝐮𝐜𝐭𝐢𝐟𝐢𝐞𝐫 𝐜𝐞 𝐭𝐞𝐦𝐩𝐬 :

→ Prenez rendez-vous avec vous-même : décidez du meilleur moment de la semaine et inscrivez dans votre agenda une plage de quelques heures, répétée pour l’année.

→ Écrivez : quel que soit le sujet, formaliser, écrire une réflexion, est un acte fondateur. L’attendue n’est pas un roman ! Ce sont quelques phrases qui éclairent l’avenir de votre entreprise, et le vôtre !

→ Imaginez les premières actions : même sans plan totalement abouti, déterminez les 2 ou 3 initiatives prioritaires. Et mettez-les en œuvre tout de suite !

→ Faites-vous challenger : manager ou dirigeant, donnez-vous les moyens de votre réussite en vous faisant accompagner sur une période que vous déterminez, quelques semaines, quelques mois, plus… ?

Un regard extérieur tout au long du processus ou à des moments critiques est indispensable. La réussite est au bout !

Ne soyez pas à l’arrêt, c’est le meilleur moyen de perdre sa confiance et sa motivation.

Agissez en confiance pour garder votre plaisir d’entreprendre !

Il a raison ! Pourtant, ce n’est pas le point de départ.

Avoir une même vision, imaginer une future collaboration, parler football, cela demande effectivement de rencontrer plusieurs entraîneurs.

Il faut que le président et son entraîneur s’accordent sur les orientations à prendre.

Il faut s’assurer que ce futur entraîneur a à la fois de solides convictions, mais qu’il peut aussi s’adapter, savoir écouter ses joueurs, être ouvert aux idées.

𝐏𝐨𝐮𝐫𝐭𝐚𝐧𝐭, 𝐥𝐞 𝐩𝐨𝐢𝐧𝐭 𝐝𝐞 𝐝é𝐩𝐚𝐫𝐭 𝐞𝐬𝐭 𝐚𝐢𝐥𝐥𝐞𝐮𝐫𝐬 : 𝐥𝐞 𝐜𝐥𝐮𝐛 𝐟𝐚𝐢𝐭-𝐢𝐥 𝐮𝐧 𝐫𝐞𝐜𝐫𝐮𝐭𝐞𝐦𝐞𝐧𝐭 𝐡é𝐬𝐢𝐭𝐚𝐧𝐭, 𝐝𝐚𝐧𝐬 𝐮𝐧𝐞 𝐯𝐢𝐬𝐢𝐨𝐧 𝐜𝐨𝐮𝐫𝐭 𝐭𝐞𝐫𝐦𝐞, 𝐨𝐮 𝐚𝐮𝐝𝐚𝐜𝐢𝐞𝐮𝐱 𝐞𝐧 𝐩𝐫𝐢𝐯𝐢𝐥é𝐠𝐢𝐚𝐧𝐭 𝐥𝐞 𝐥𝐨𝐧𝐠 𝐭𝐞𝐫𝐦𝐞 ?

Depuis samedi soir et la victoire de Manchester City, on redécouvre que l’un des meilleurs entraîneurs du monde en activité, si ce n’est le meilleur, est arrivé dans ce club en 2016.

Bien sûr, depuis 2016, le club a gagné plusieurs titres, mais il a fallu sept années pour atteindre les objectifs d’image et de titres visés.

Il a fallu se tromper, laisser du temps à de nouveaux joueurs pour qu’ils intègrent de nouveaux rôles sur le terrain, une nouvelle philosophie de jeu, perdre demi-finale et finale.

Ce sont d’abord les choix structurants d’un projet qui demandent du temps.

𝐏𝐨𝐮𝐫 𝐥𝐞𝐬 𝐞𝐧𝐭𝐫𝐞𝐩𝐫𝐢𝐬𝐞𝐬, 𝐥𝐚 𝐝é𝐦𝐚𝐫𝐜𝐡𝐞 𝐞𝐬𝐭 𝐥𝐚 𝐦ê𝐦𝐞.

La vision d’un possible futur, une stratégie qui donne un cap, le plan pour la mettre en œuvre, un projet se construit avec cohérence.

Une idée forte, des objectifs partagés, les bonnes ressources allouées aux bons endroits, se centrer sur les questions de valeur ajoutée, lever la tête régulièrement, tout est là.

L’esprit d’équipe fait partie des actifs intangibles de toute organisation parce qu’il est rare, difficile à copier. C’est un vrai avantage concurrentiel, fort et fragile à la fois. Il n’est jamais acquis définitivement.

Avant de recruter tout nouveau collaborateur, il ne faut jamais oublier le lien existant entre les membres de son unité, de son entreprise, et s’assurer que la recrue ne le rompra pas.

𝐂𝐨𝐦𝐦𝐞𝐧𝐭 𝐝é𝐯𝐞𝐥𝐨𝐩𝐩𝐞𝐫 𝐮𝐧 𝐞𝐬𝐩𝐫𝐢𝐭 𝐝’é𝐪𝐮𝐢𝐩𝐞 𝐚𝐮 𝐬𝐞𝐢𝐧 𝐝’𝐮𝐧 𝐜𝐨𝐥𝐥𝐞𝐜𝐭𝐢𝐟 ?

Je propose une conduite qui repose sur 4 axes principaux.

Un projet collectif et partagé

Il ne s’agit pas d’être d’accord sur tout. Il faut être d’accord sur le projet. Il est connu et accepté par tous.

L’acquis plus fort que l’inné

Réussir n’a rien à voir avec l’intelligence. Le travail et l’apprentissage offrent des perspectives dont on ne mesure pas les limites. Un groupe permet l’entraide, absorbe les coups de moins bien individuels.

Le long terme, la régularité, plutôt que les à-coups

Il ne faut pas remettre en cause le projet à chaque difficulté. Il faut garder le cap.

Mais, chaque difficulté doit être traitée dans les meilleurs délais, au sein de l’équipe, dans un esprit ouvert et soucieux de l’intérêt général.

L’adaptabilité pour se préparer au changement

Dans un monde changeant, il faut se préparer au changement !

L’innovation, les nouveaux outils, la perception des modifications de notre environnement, autant de repères qui doivent nous pousser à envisager de se renouveler, de se réinventer.

Nous sommes fragiles si nous assistons impuissants, sans stratégie, sans objectifs partagés, aux transformations de notre secteur, de nos métiers.

Et, si votre équipe est votre réseau, procédez de la même manière : entourez-vous de personnes qui jouent collectif, jamais perso.

Dans son édition du mercredi 2 mars, le journal l’Équipe comprend un article “Sampaoli, le leader clivant.”

Ce leader, c’est l’entraîneur argentin de l’OM, Olympique de Marseille, Jorge Sampaoli.

On peut lire qu’il surprend par ses méthodes, tantôt chaleureux, tantôt froid et distant. En tant que patron du sportif, il semble ne pas s’embarrasser des états d’âme des uns et des autres. Des indésirables surtout. De ceux sur qui il ne compte ouvertement pas ou plus.

Cette gestion des joueurs sans ménagement crée des difficultés au sein de l’équipe, mais aussi au-delà : le président se bat pour recruter des joueurs que Jorge Sampaoli met dans les pires conditions de confiance.

Un “tu joues, tu joues pas” sans explication.

 

Qu’est ce qui peut alors amener un club, une entreprise, à recruter un manager qui manque cruellement du sens de la communication et de l’harmonie ?

 

L’OM a recruté Jorge Sampaoli en connaissance de cause : bien qu’il ait eu de bons résultats partout où il est passé, l’homme a du caractère et est doté d’un tempérament coléreux.

 

Deux objectifs apparaissent :

 

> Tirer le niveau de l’équipe le plus haut possible

Le leader clivant est toujours en train de pousser les organismes à fond, d’un point de vue physique, mais aussi mental. Il veut obtenir le maximum, tout le temps.

S’il pense que la moindre marge de progression est encore possible, il exigera toujours plus.

Le niveau de l’équipe peut alors se révéler, faire émerger des ressources insoupçonnées.

 

> Provoquer des remises en cause ou susciter des départs

Le leader clivant a du mal à changer d’avis. S’il ne compte plus sur un membre de son équipe, il l’écartera sans ménagement en lui laissant une seule alternative, partir.

Mais si ce membre surmonte les difficultés, s’il montre des capacités mentales et d’adaptation supérieures, la réintégration est possible dans un rôle impensable auparavant.

 

C’est donc la surperformance qui est recherchée. La remise en cause et la provocation sont permanentes.

 

Cela peut-il durer ?

 

Récemment, dans le journal La Provence, le président de l’OM, Pablo Longoria, a clairement indiqué qu’il n’envisagerait pas de se séparer de Jorge Sampaoli dans l’immédiat.

« Quand je construis un projet, je ne le fais pas pour changer d’idée un an plus tard. Ce qu’il faut, c’est donner de la continuité au projet. Pas seulement parce que je suis sûr qu’on va retrouver de la stabilité et faire le jeu qu’on sait faire. Mon intention, c’est donner de la continuité ».

 

La continuité est indispensable pour un projet entrepreneurial.

 

Le long terme d’un club sportif est-il le même que celui d’un projet d’entreprise ?

 

Dans le sport professionnel, trop d’aléas existent d’une saison à l’autre, c’est-à-dire de 12 mois en 12 mois, voire moins.

Projet, continuité, stabilité, sont des mots qui ont du mal à s’accorder avec résultats, opportunités de transferts juteux, gestion de carrière individuelle.

 

À ce stade, l’OM reste en course pour son principal objectif de fin de championnat : une qualification pour la Ligue des Champions.

Le bilan de Jorge Sampaoli sera jugé à l’aune de cet objectif. Les méthodes le seront aussi, indépendamment d’ailleurs du résultat sportif.

 

Bien sûr, le leader ne peut pas être insipide. Il doit inspirer et challenger.

 

Mais, sans bonne communication, sans recherche d’accord, c’est la division qui règne. Et la division fait éclater un groupe à plus ou moins long terme.

Au bout du compte, c’est l’équipe qui tranchera. Le leader, avant l’obligation de résultat, a l’obligation de créer un esprit, l’esprit d’équipe, pas celui de clan.

 

Sans esprit d’équipe, point de salut.

Jocelyn Gourvennec, ancien joueur de football professionnel, est devenu un entraîneur reconnu. À ce poste, il a notamment exercé à Guingamp et à Bordeaux. Il officie actuellement au LOSC, Lille Olympique Sporting Club.

Avant qu’il ne retrouve ce banc, et au moment où il recherchait un nouveau challenge, il avait déclaré :

« Ce que je veux, c’est travailler avec des gens qui ont une vision claire de ce qu’ils veulent mettre en place pour leur club. Je n’ai pas de préférence particulière.

Le plus important, c’est d’avoir une vision commune. Parce que si on ne l’a pas, ça veut dire qu’on ne sera jamais ensemble. Et je pense qu’un entraîneur a besoin d’avoir des dirigeants solides. Et inversement.».

Tout est dit.

 

Dans chaque organisation, quelle que soit sa taille, les dirigeants doivent avoir une vision claire, partagée avec leurs équipes.

Des dirigeants solides ont besoin d’une équipe solide, alignée sur la stratégie.

 

Comment définir une équipe alignée ?

C’est une équipe qui parle du même projet, dans le même esprit, avec le même langage.

 

Pour trouver l’alignement de votre équipe, je partage trois recommandations essentielles.

> Un projet s’écrit, avant tout.

Il se discute. Il s’énonce clairement. Il se décide. Sans une démarche formelle, chacun garde sa liberté d’interprétation.

Les difficultés surgissent parce que l’on ne parle pas du même projet, que la concordance collective n’est pas aboutie, que l’intérêt particulier prime sur l’intérêt général.

 

> Un projet se combine avec l’action.

Sans action, rien n’existe. Le projet existe, se vit, parce qu’il est mis en œuvre.

Grâce à l’action, un projet se corrige. Vous êtes “Up to bottom” ou “bottom to up” ? Oubliez que ces deux modalités de gouvernance s’opposent. Il faut hy-bri-der !

Un cercle vertueux s’installe : je comprends le projet, je l’applique au quotidien. Le terrain informe la stratégie. La stratégie corrige et améliore le plan.

Chacun à son poste, chacun à sa place.

 

> Un projet se construit.

Le projet est de long terme. Découpez-le, c’est plus facile à atteindre.

Sous forme de séquence de 24/36 mois, rapprochez-vous de la destination finale.

Des séquences intermédiaires évitent les usines à gaz, rendent visibles quelques objectifs prioritaires, concrétisent plus facilement les avancées.

 

En tant que dirigeant d’entreprise, d’organisation, vous êtes le premier garant de l’alignement de l’équipe sur le projet.

Une bonne communication, notamment basée sur la pédagogie et le rappel constant à ce qui guide l’action, demande une attention quasi quotidienne. Chaque détail compte.

Par-dessus tout, vous devez montrer l’exemple. Votre équipe s’alignera sur votre comportement, par mimétisme.

Une équipe alignée, une confiance partagée, un engagement assumé, constituent des actifs intangibles.

 

Bâtissez aussi votre entreprise sur une équipe alignée. C’est un avantage concurrentiel réel.